CONDITIONS DE VENTES 

Objet : Régir les ventes aux enchères publiques volontaires organisées par la société ABAC sur son site internet ABAC.art.

ARTICLE 1 – IDENTITÉ DE L'OPÉRATEUR

Les présentes Conditions Générales de Vente (CGV) régissent les relations contractuelles entre : La société ABAC, SAS au capital de 5 000 euros, immatriculée au RCS de Nîmes sous le numéro 953 024 155, dont le siège social est situé au 91 boulevard Calmette, 30400 Villeneuve-Lès-Avignon, France. Directeur de la publication : M. Jean-François BIJON, Président. Ci-après dénommée « ABAC » ou « l'Opérateur de Vente ».

Et toute personne physique ou morale, ci-après dénommée « l'Utilisateur », « le Vendeur » ou « l'Adjudicataire », souhaitant participer aux ventes aux enchères organisées sur le site internet https://ABAC.art.

ARTICLE 2 – OBJET ET CHAMP D'APPLICATION

ABAC organise des ventes aux enchères publiques volontaires d'œuvres d'art contemporain africain, principalement par voie électronique (internet). L'acceptation sans réserve des présentes CGV par l'Utilisateur est indispensable pour accéder au site, déposer des œuvres ou participer aux enchères. Toute enchère portée vaut acceptation irrévocable des présentes conditions.

ARTICLE 3 – CARACTÉRISTIQUES DES VENTES

3.1. Nature de la vente : Il s'agit de ventes aux enchères publiques au sens des articles L321-1 et suivants du Code de commerce.

3.2. Fermeté de l'adjudication : Conformément à l'article L221-28 11° du Code de la consommation, le droit de rétractation ne s'applique pas aux ventes aux enchères publiques. Dès l'adjudication prononcée (coup de marteau virtuel), la vente est parfaite et définitive. L'Adjudicataire ne peut ni se rétracter, ni annuler sa commande, ni demander un remboursement pour simple changement d'avis.

3.3. Estimations et mises à prix : Les mises à prix sont fixées par ABAC en accord avec le Vendeur. Elles incluent la marge d'ABAC. Aucun frais d'achat (frais de marteau) n'est ajouté au prix d'adjudication pour l'acheteur.

ARTICLE 4 – CONDITIONS FINANCIÈRES POUR L'ACHETEUR (ADJUDICATAIRE)

4.1. Prix : Le prix à payer correspond au montant de l'adjudication.

4.2. Frais supplémentaires : S'ajoutent au prix d'adjudication les frais de transport, d'emballage, d'assurance durant le transit et les droits de douane/taxes (TVA, etc.) liés à l'importation de l'œuvre depuis le pays de conservation (généralement en Afrique de l'Ouest) vers le lieu de livraison final. Ces frais sont intégralement à la charge de l'Adjudicataire. 4.3. Exemples de coûts logistiques (indicatifs) :

  • Support plat 80x100 cm vers la France : 150 € - 200 €.
  • Tube 35 cm x 7 cm : ~75 €.
  • Tube 160 cm x 10 cm : ~200 €.

Ces tarifs sont donnés à titre indicatif et peuvent varier selon les prestataires et les fluctuations du marché.

4.4. Paiement : Le paiement doit être effectué intégralement et immédiatement après la vente par carte bancaire via la plateforme sécurisée STRIPE. Aucun autre moyen de paiement n'est accepté.

4.5. Défaut de paiement : En cas de défaut de paiement, ABAC se réserve le droit de remettre le lot en vente aux frais et risques de l'Adjudicataire défaillant, ou d'engager toute procédure de recouvrement, conformément à l'article L321-16 du Code de commerce.

ARTICLE 5 – CONDITIONS FINANCIÈRES POUR LE VENDEUR

5.1. Commission : ABAC perçoit une commission de 25% HT sur le prix d'adjudication net. Le Vendeur percevra donc 75% du prix d'adjudication, sauf accord écrit contraire négocié préalablement.

5.2. Reversement : Les fonds sont collectés par ABAC via STRIPE auprès de l'Adjudicataire. Le reversement au Vendeur intervient après déduction de la commission d'ABAC et des éventuels frais de transaction Stripe, dans un délai de 5 jours suivant la bonne réception des fonds et la validation de l'expédition.

5.3. Garantie du Vendeur : Le Vendeur garantit ABAC et l'Adjudicataire qu'il est le seul et unique propriétaire de l'œuvre, qu'elle est libre de tout gage, nantissement ou revendication tierce, et que les informations fournies (authenticité, provenance, état) sont exactes. Un protocole d'accord spécifique est signé par le Vendeur avant chaque mise en vente.

ARTICLE 6 – LIVRAISON ET TRANSFERT DE PROPRIÉTÉ

6.1. Expédition : La livraison peut être organisée par ABAC en partenariat avec le transporteur DHL, ou par tout autre prestataire choisi par l'Adjudicataire.

6.2. Transfert de risques : Le transfert de propriété et des risques s'opère à la livraison de l'œuvre à l'Adjudicataire. En cas d'expédition, les risques sont transférés selon les termes du contrat de transport (généralement Incoterms DAP - Delivered At Place). Tout dommage survenant durant le transport relève de la responsabilité du transporteur et doit faire l'objet d'une réclamation directe auprès de lui, avec l'assistance d'ABAC.

6.3. Délais : Les délais de livraison sont estimés entre 3 et 4 semaines après la fin de la vente, hors aléas douaniers ou logistiques indépendants de la volonté d'ABAC.

6.4. Enlèvement sur place : Si l'Adjudicataire réside dans la même ville que l'œuvre, une livraison en main propre peut être organisée par ABAC, les frais restant à la charge d'ABAC.

ARTICLE 7 – AUTHENTICITÉ ET RESPONSABILITÉ

7.1. Certificats : Les œuvres sont accompagnées, lorsque cela est possible, d'un certificat d'authenticité signé par l'artiste ou le propriétaire actuel.

7.2. Garantie d'authenticité : ABAC met en œuvre tous les moyens raisonnables pour vérifier l'authenticité des œuvres sur la base des déclarations du Vendeur et des documents fournis. Cependant, la responsabilité d'ABAC est limitée aux obligations légales du vendeur aux enchères. En cas de contestation sérieuse sur l'authenticité, l'Adjudicataire doit notifier sa réclamation par écrit dans un délai de 2 mois suivant la vente, conformément aux usages du marché de l'art.

7.3. Droit de suite : Les ventes peuvent être soumises au droit de suite au profit des artistes ou de leurs ayants droit, conformément à la législation française. Si applicable, cette charge est incluse dans le prix ou facturée en sus selon le cas.

ARTICLE 8 – MÉDIATION ET LITIGES

8.1 Tout litige doit faire l'objet d'une réclamation écrite préalable auprès d'ABAC à l'adresse : contact@abac.art.

8.2 Conformément aux dispositions du Code de la consommation concernant « le processus de médiation des litiges de la consommation », après nous avoir sollicités et à défaut de réponse vous satisfaisant, vous avez la possibilité de recourir gratuitement à une procédure de médiation de la consommation auprès de :

CM2C
49 rue de Ponthieu
75 008 PARIS
Tel : 01 89 47 00 14
Site internet : https://www.cm2c.net/declarer-un-litige.php
Mail : litiges@cm2c.net

8.3. Juridiction compétente : À défaut de résolution amiable, et sous réserve des dispositions d'ordre public relatives à la juridiction du lieu de résidence du consommateur, tout litige sera porté devant le Tribunal de Commerce de Nîmes.

ARTICLE 9 – DONNÉES PERSONNELLES

Le traitement des données personnelles collectées dans le cadre des ventes est régi par notre Politique de Confidentialité (voir document dédié).

ARTICLE 10 – MODIFICATION DES CGV

ABAC se réserve le droit de modifier les présentes CGV à tout moment. Les conditions applicables sont celles en vigueur à la date de la commande (de l'enchère).

Couleurs d'Ivoire

Classique, moderne ou contemporain, les registres des arts visuels estampillés africains connaissent aujourd’hui un regain d’intérêt, tant à l’échelle du marché mondial qu’à l’intérieur du continent. Après leur présence régulière dans les biennales internationales et les grands musées du système-monde, des galeries de plus en plus résolues en Europe et en Amérique représentent des artistes d’Afrique. Des résidences de création, des foires (dont Africa 54, AKAA, etc.) leur sont dédiées. Outre la biennale de Dakar désormais inscrite dans l’agenda culturel mondial, des biennales et des foires de différentes dimensions rythment l’année à Abidjan, Casa, Douala, Kinshasa, Lagos, Luanda, Ouaga, Ségou. Des galeries de plus en plus nombreuses cohabitent avec des espaces d’exposition et de vente qui parfois sont des trésors d’initiatives. Toutes ces initiatives donnent plus de visibilité aux artistes et élargissent les accès aux marchés, aux collections privées et publiques, nationales et internationales.

Le renouvellement de l’offre artistique est une composante de ce tableau dynamique. À Accra, Kumasi, Alger, Casablanca, Rabat, Lubumbashi, Kinshasa, Brazzaville, Dakar, Lagos, Enugu et ailleurs, il est loisible de prendre la mesure des ressources créatives des nouvelles générations qui attendent que les portes du marchés de l’art s’ouvrent à leurs œuvres. Il en va de même à Abidjan, Bouaké, Korhogo. C’est que la fin de la crise socio-politique de 2001-2011 a levé le rideau sur une nouvelle génération de créateurs brillants. Aboudia est la figure emblématique de cette lame de fond à laquelle participent Pascal Konan, Yeanzi, Armand Boua, Salif Diabagaté, Gbais Obou. D’autres brillants protagonistes comme Salomon émergent déjà. En clair, une nouvelle ligne de créateurs aspire à la lumière.

L’objet de la présente vente organisée par ABAC est de témoigner de la justesse de quelques-unes de leurs propositions artistiques.

Voici donc treize jeunes artistes encadrés par deux aînés : Nguessan Kra - l’un des fondateurs du mouvement Vohou-Vohou - et Aristide Achi Anapa, l’un des précurseurs de la peinture urbaine à Abidjan. Parmi eux, Ernest Aké revisite les motifs et les couleurs des objets du quotidien. Ange Michael active la beauté de la culture du corps, Thierry Livasse l’ordinaire de la culture du cheveu chez les filles. Roger Mbro évoque l’énergie partagée de la joie. Voici des peintres de la ville au diapason des données lourdes du fait urbain en Côte d’Ivoire : un pays urbanisé à 55% et dont 75% de la population a moins de 35 ans. Les œuvres des artistes de la présente sélection frétillent des couleurs de l’espoir et de l’énergie contagieuse de la jeunesse. Dans la texture de leurs tableaux, on recherchera en vain les couleurs « orange-blanc-vert » du drapeau national, car comme le dit si bien Ouattara Wats, « je ne travaille pas pour un drapeau, je travaille pour l’humanité ! »

La première vérité d’un tableau, d’une sculpture, d’une photo, bref la beauté de l’œuvre d’art, s’exprime dans le corps de la proposition plastique qui renvoie à cette quête de ravissement à mettre en partage avec une sensibilité, une efficacité, une puissance. Mais comment ne pas ressentir les émanations qui, à travers cette attractivité parfois douce et parfois rude, suggèrent, soulignent, mobilisent les éléments du réel, et finalement situent l’œuvre dans l’espace et le temps. Les courants ne se prescrivent pas. Ils se forment au croisement des contributions variées de créateurs individuels pris dans le cycle de l’invention du quotidien. Ils se formalisent par les effets de synthèse des théoriciens soucieux de sous-titrer le film du temps-qui-passe en des séquences plus ou moins évidentes. Ils se consolident par les collectionneurs et les professionnels qui en prennent acte.

Yacouba Konaté, Président d’ABAC
Aujourd’hui, les arts traditionnels africains comptent au nombre des expressions plastiques mondialement reconnues. Leur entrée remarquée dans les plus grands musées du monde témoigne de leur intérêt scientifique tandis que les surenchérissements dans les plus prestigieuses salles de vente du monde portent l’évidence de leur valeur marchande.

Les œuvres concernées se répartissent sur l’ensemble au continent. Dans cette répartition générale, Ia Côte d’Ivoire tient une place importante.
Souvent référenciés par les grands maîtres de l’art moderne dont les cubistes, les statuettes et les masques wé, dan, sénoufo, baoulé peuvent se revaloir d’avoir influencé les formes du renouvellement de l’art occidental au début du XX siècle. L’opinion selon laquelle l’histoire de ces formes culturelles est close et achevée, est aussi courante que fausse. En effet, le type de statuettes dit « colon » s’est développé comme une métamorphose intimement liée à l’histoire de la statuaire en Côte d’Ivoire.

Le terme « art colon» traîne une connotation impérialiste et pour cette raison a été parfois récusé.
Mais force est de reconnaître que le terme d’art colon reste toujours en usage. Cette exposition veut en présenter quelques moments à travers des pièces importantes.

Son objectif est de contribuer à la documentation et la promotion de cette forme d’expression dont l’un des mérites consiste à rappeler que les arts traditionnels ne vont pas sans évolution et modernisation.

Les Baoulé qui produisent l’essentiel des œuvres ainsi désignées, usent de métonymie et parlent de «blôlô» ce qui signifie « l’au-delà ».
« Blolô bian » pour les personnages masculins, « blôlô bla » pour les dames. D’un point de vue strictement quantitatif, on trouve quatre fois plus de personnages masculins que de reproduction de femmes. On peut parler d’évolution colon en ce sens que ce style d’écriture procède d’une évolution de la sculpture classique africaine.

Les évolutions colons représentent d’une manière générale des personnages blancs ou noirs vêtus selon le mode de vie occidental. Le style est léger et élégant.
Les personnages sveltes ont les traits fins. Se tenant debout, ils restent dans les proportions des sculptures baoulé classiques, entre 25 et 80 cm. Les canons de la sculpture traditionnelle se retrouvent également dans les constantes suivantes : la taille de la tête qui reste grosse, l’étroitesse du buste et son élongation, la position des bras collés au buste.

D’un point de vue historique, le moment « colon » témoigne du remplacement tendanciel des attributs vestimentaires africains par des habits et des accessoires européens qui vont du seul chapeau ou des chaussures ou sandales au complet costume cravate, sans oublier les lunettes. Dans la composition de ces sculptures, la récurrence des thèmes du casque colonial d’une part, de l’uniforme militaire d’autre part, rappelle le contexte d’émergence de la statuaire colon. En cela, la statuaire fonctionne comme un marqueur historique et sociologique. Elle représente et prolonge le moment de la fascination des populations africaines des « parures » occidentales.

On doit à Suzanne Vogel, l’une des premières interprétations décisives des statues colon. Cette anthropologue américaine qui fit des recherches de terrain en Côte d’Ivoire de 1965 à1968, est l’un des premiers chercheurs à analyser la statuaire baoulé traditionnelle, selon la grille de lecture des « époux de l’autre Monde”. Dans un article célèbre « Beauty in the eyes of the Baoule » publié dans une revue universitaire américaine en 1980, elle explique que les statues baoulé, qu’on considérait jusqu’alors – et on ne se privait pas de l’écrire – comme des représentations d’ancêtres, étaient en fait de deux natures : d’abord les époux de l’autre monde dit «blôlo», ensuite les génies de la brousse dits « Assié Usu». Suzanne Vogel démontre que ces deux types de statues sont produits selon des canons esthétiques dont I ‘objectif constant reste la recherche d’une beauté maximale. Cette beauté n’était pas recherchée en soi, mais pour un motif beaucoup plus pragmatique et motivant : mieux apaiser I’esprit auquel la statue est destinée.
Sans occulter l’importance de l’art des cours royales, l’art africain s’est développé dans les villages. L’œuvre de l’artiste était l’expression d’une transcendance de la vie quotidienne. En plus des évolutions locales à travers les âges, l’extraordinaire richesse de l’art « traditionnel » africain vient de l’hétérogénéité des cultures et des ressentis tant individuels que collectifs.

Durant les deux premiers tiers du XXe siècle, le choc de la rencontre entre l’Afrique et l’Europe – qu’il s’agisse d’un choc culturel et artistique ou du choc de la marchandisation de l’œuvre d’art – a constitué une source d’innovation artistique couramment appelée Art de Transition mais encore peu étudiée.

La fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle permettent d’admirer le génie artistique et l’originalité d’artistes nés après les indépendances de leurs pays d’origine. L’art contemporain africain est le produit aussi bien d’une libération des esprits que de la mondialisation.

Pour appréhender cette richesse, ABAC a entrepris la mise en place d’un registre universel des œuvres réalisées par des artistes africains.
Les propriétaires sont invités à déclarer leurs œuvres d’art africain via le site runabac.art. Le public a un accès libre à une photo de chaque œuvre avec sa référence. Pour un abonnement annuel modeste, il a accès à des données complémentaires. Le nom des propriétaires restera confidentiel.

INSCRIPTION À LA VENTE EN SALLE​

Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire - 30 mai 2024 à 18h30

La participation à cette vente privée est gratuite mais l’inscription est obligatoire. Le formulaire ci-dessous vous permet de faire une demande d’inscription. Les places étant limitées, une demande peut être impossible à satisfaire. Si celle-ci est validée, un carton d’invitation vous sera envoyé par mail et demandé à l’entrée de la salle. Si vous ne pouvez pas être présent le jour de la vente, mais que vous souhaitez déposer un ordre d’achat, merci de nous contacter par mail à contact@abac.art en précisant le(s) lot(s) concerné(s).