« Quand on dessine, c’est l’expression de l’âme qu’on transmet. »

« Moi je travaille plus avec de la fumée, donc avec du feu. Ici, nous sommes à l’Institut Français, là où j’ai fait ma résidence pendant trois mois. Le but de cette résidence était de préparer une exposition sur les ‘’sans visage’’.

C’est un travail à travers lequel je voulais célébrer les personnes qui travaillent dur mais qui restent dans l’ombre des autres. Par ce travail, je parle également de l’histoire ancestrale, de l’histoire de l’esclavage. J’aborde particulièrement le côté célébration de ces ancêtres qui sont partis sans que nous, leurs descendants, n’ayons pu faire un travail de deuil et de reconnaissance. Par ce travail, je veux donc leur rendre hommage. Je veux également leur donner un visage. Ils ont quitté notre terre. Certains sont arrivés à destination, d’autres se sont noyés en mer. Ils sont restés sans identité, sans rien et grâce à ce travail, je leur donne un visage.  C’est un projet que j’ai commencé à construire depuis très longtemps et je n’expose ici qu’une partie de ce projet sur les ‘’sans visage’’. C’est un travail qui a plusieurs dimensions. Je commence ici la première dimension, les autres suivront. Je remercie l’Institut Français qui m’a permis de mettre en place cette première phase de ce projet sur les ‘’sans visage’’.

Beaucoup de ‘’sans visage’’ sont intervenus pour que je sois là, devant vous aujourd’hui. Des personnes qui ont contribué énormément dans ma carrière et qui préfèrent rester anonymes. Pour moi, la meilleure façon de les remercier et de leur montrer ma gratitude, c’est de faire un travail sur les ‘’sans visage’’, donc toute personne de différente catégorie peut s’identifier. C’est là où tout a commencé. » Géraldine TOBE, exposition ‘’Création sans visage sur les traces des oubliés’’ à l’Institut Français Halle de la Gombe, à Kinshasa, le 21 février 2024.

Quand la fumée d’une lampe rustique fait office de pinceau, des motifs presque psychédéliques aux teintes sombres prennent forme sur la toile. Géraldine Tobe crée.  Avec cet art né de ses cendres, quand elle a mis le feu à sa première collection, trop classique à son goût, l’artiste thérapise. Pour guérir de ses propres traumatismes et pour aider les personnes souffrant de maladies mentales, en hommage à son frère aîné, handicapé mental, qui l’a initiée à l’art.

Accusée de sorcellerie à l’âge de six ans, Géraldine Tobe a subi, avec son frère de deux ans plus âgé, des exorcismes violents qui lui ont laissé de profonds stigmates en rapport avec la nuit, le feu et les esprits. Le feu qui l’a également marquée dans sa chair, lors d’un grave accident, mais qu’elle manipule pourtant pour créer, comme pour exorciser la peur et la douleur.

Le terme d’ « artiviste » revient souvent quand on parle de cette jeune kinoise née en République Démocratique du Congo en 1992.  Très active sur la scène locale, ses œuvres ont été aussi exposées en Allemagne, en Belgique, en France et au Luxembourg.

Si son baccalauréat en peinture obtenu en 2012 à l’Académie des Beaux-arts de Kinshasa lui a donné une base académique, c’est la spiritualité ancestrale enseignée par sa grand-mère qui reste la trame de fond de son œuvre.

Distinctions :

2018 : Finaliste du Luxembourg Art Prize
2015 : Le documentaire Milinga – Fumée réalisé par Bob Nelson Makengo lui est consacré
2019 : Participation au documentaire réalisé par Renaud Barret, Système K, qui dépeint la scène artistique congolaise.
Membre actif du collectif BOKUTANI (Artistes réunis)
Parution dans L’Autre, revue transculturelle  d’un article d’Aude Bernard « L’art et la culture : une histoire de performance ? Réflexion à partir du parcours de Géraldine Tobe à Kinshasa : d’enfant sorcier à artiste engagée »
Participation à des projets liés à la restitution des œuvres d’art à l’Afrique par les anciennes puissances coloniales.
Animation d’ateliers d’art thérapie au centre national de psychiatrie de Kinshasa.
Participation à l’œuvre collective ‘’Memory of today, memory of the future’’, qui sera reproduite sur le lanceur spatial Ariane 5 voyagera dans l’espace chargé du satellite d’observation Meteosat qui  enverra des images du continent africain à des scientifiques et météorologues.

Série Sans-Visage

Géraldine TOBE

Référence Africart N° :
TOB-A-001-24-A
Kinshasa (RDC)
2024
Fumée de lampe à huile
Dimensions :
170 x 140 cm

Si vous souhaitez acquérir cette œuvre, écrivez nous à contact@abac.art

« Quand on dessine, c’est l’expression de l’âme qu’on transmet. »

« Moi je travaille plus avec de la fumée, donc avec du feu. Ici, nous sommes à l’Institut Français, là où j’ai fait ma résidence pendant trois mois. Le but de cette résidence était de préparer une exposition sur les ‘’sans visage’’.

C’est un travail à travers lequel je voulais célébrer les personnes qui travaillent dur mais qui restent dans l’ombre des autres. Par ce travail, je parle également de l’histoire ancestrale, de l’histoire de l’esclavage. J’aborde particulièrement le côté célébration de ces ancêtres qui sont partis sans que nous, leurs descendants, n’ayons pu faire un travail de deuil et de reconnaissance. Par ce travail, je veux donc leur rendre hommage. Je veux également leur donner un visage. Ils ont quitté notre terre. Certains sont arrivés à destination, d’autres se sont noyés en mer. Ils sont restés sans identité, sans rien et grâce à ce travail, je leur donne un visage.  C’est un projet que j’ai commencé à construire depuis très longtemps et je n’expose ici qu’une partie de ce projet sur les ‘’sans visage’’. C’est un travail qui a plusieurs dimensions. Je commence ici la première dimension, les autres suivront. Je remercie l’Institut Français qui m’a permis de mettre en place cette première phase de ce projet sur les ‘’sans visage’’.

Beaucoup de ‘’sans visage’’ sont intervenus pour que je sois là, devant vous aujourd’hui. Des personnes qui ont contribué énormément dans ma carrière et qui préfèrent rester anonymes. Pour moi, la meilleure façon de les remercier et de leur montrer ma gratitude, c’est de faire un travail sur les ‘’sans visage’’, donc toute personne de différente catégorie peut s’identifier. C’est là où tout a commencé. » Géraldine TOBE, exposition ‘’Création sans visage sur les traces des oubliés’’ à l’Institut Français Halle de la Gombe, à Kinshasa, le 21 février 2024.

Quand la fumée d’une lampe rustique fait office de pinceau, des motifs presque psychédéliques aux teintes sombres prennent forme sur la toile. Géraldine Tobe crée.  Avec cet art né de ses cendres, quand elle a mis le feu à sa première collection, trop classique à son goût, l’artiste thérapise. Pour guérir de ses propres traumatismes et pour aider les personnes souffrant de maladies mentales, en hommage à son frère aîné, handicapé mental, qui l’a initiée à l’art.

Accusée de sorcellerie à l’âge de six ans, Géraldine Tobe a subi, avec son frère de deux ans plus âgé, des exorcismes violents qui lui ont laissé de profonds stigmates en rapport avec la nuit, le feu et les esprits. Le feu qui l’a également marquée dans sa chair, lors d’un grave accident, mais qu’elle manipule pourtant pour créer, comme pour exorciser la peur et la douleur.

Le terme d’ « artiviste » revient souvent quand on parle de cette jeune kinoise née en République Démocratique du Congo en 1992.  Très active sur la scène locale, ses œuvres ont été aussi exposées en Allemagne, en Belgique, en France et au Luxembourg.

Si son baccalauréat en peinture obtenu en 2012 à l’Académie des Beaux-arts de Kinshasa lui a donné une base académique, c’est la spiritualité ancestrale enseignée par sa grand-mère qui reste la trame de fond de son œuvre.

Distinctions :

2018 : Finaliste du Luxembourg Art Prize
2015 : Le documentaire Milinga – Fumée réalisé par Bob Nelson Makengo lui est consacré
2019 : Participation au documentaire réalisé par Renaud Barret, Système K, qui dépeint la scène artistique congolaise.
Membre actif du collectif BOKUTANI (Artistes réunis)
Parution dans L’Autre, revue transculturelle  d’un article d’Aude Bernard « L’art et la culture : une histoire de performance ? Réflexion à partir du parcours de Géraldine Tobe à Kinshasa : d’enfant sorcier à artiste engagée »
Participation à des projets liés à la restitution des œuvres d’art à l’Afrique par les anciennes puissances coloniales.
Animation d’ateliers d’art thérapie au centre national de psychiatrie de Kinshasa.
Participation à l’œuvre collective ‘’Memory of today, memory of the future’’, qui sera reproduite sur le lanceur spatial Ariane 5 voyagera dans l’espace chargé du satellite d’observation Meteosat qui  enverra des images du continent africain à des scientifiques et météorologues.

Couleurs d'Ivoire

Classique, moderne ou contemporain, les registres des arts visuels estampillés africains connaissent aujourd’hui un regain d’intérêt, tant à l’échelle du marché mondial qu’à l’intérieur du continent. Après leur présence régulière dans les biennales internationales et les grands musées du système-monde, des galeries de plus en plus résolues en Europe et en Amérique représentent des artistes d’Afrique. Des résidences de création, des foires (dont Africa 54, AKAA, etc.) leur sont dédiées. Outre la biennale de Dakar désormais inscrite dans l’agenda culturel mondial, des biennales et des foires de différentes dimensions rythment l’année à Abidjan, Casa, Douala, Kinshasa, Lagos, Luanda, Ouaga, Ségou. Des galeries de plus en plus nombreuses cohabitent avec des espaces d’exposition et de vente qui parfois sont des trésors d’initiatives. Toutes ces initiatives donnent plus de visibilité aux artistes et élargissent les accès aux marchés, aux collections privées et publiques, nationales et internationales.

Le renouvellement de l’offre artistique est une composante de ce tableau dynamique. À Accra, Kumasi, Alger, Casablanca, Rabat, Lubumbashi, Kinshasa, Brazzaville, Dakar, Lagos, Enugu et ailleurs, il est loisible de prendre la mesure des ressources créatives des nouvelles générations qui attendent que les portes du marchés de l’art s’ouvrent à leurs œuvres. Il en va de même à Abidjan, Bouaké, Korhogo. C’est que la fin de la crise socio-politique de 2001-2011 a levé le rideau sur une nouvelle génération de créateurs brillants. Aboudia est la figure emblématique de cette lame de fond à laquelle participent Pascal Konan, Yeanzi, Armand Boua, Salif Diabagaté, Gbais Obou. D’autres brillants protagonistes comme Salomon émergent déjà. En clair, une nouvelle ligne de créateurs aspire à la lumière.

L’objet de la présente vente organisée par ABAC est de témoigner de la justesse de quelques-unes de leurs propositions artistiques.

Voici donc treize jeunes artistes encadrés par deux aînés : Nguessan Kra - l’un des fondateurs du mouvement Vohou-Vohou - et Aristide Achi Anapa, l’un des précurseurs de la peinture urbaine à Abidjan. Parmi eux, Ernest Aké revisite les motifs et les couleurs des objets du quotidien. Ange Michael active la beauté de la culture du corps, Thierry Livasse l’ordinaire de la culture du cheveu chez les filles. Roger Mbro évoque l’énergie partagée de la joie. Voici des peintres de la ville au diapason des données lourdes du fait urbain en Côte d’Ivoire : un pays urbanisé à 55% et dont 75% de la population a moins de 35 ans. Les œuvres des artistes de la présente sélection frétillent des couleurs de l’espoir et de l’énergie contagieuse de la jeunesse. Dans la texture de leurs tableaux, on recherchera en vain les couleurs « orange-blanc-vert » du drapeau national, car comme le dit si bien Ouattara Wats, « je ne travaille pas pour un drapeau, je travaille pour l’humanité ! »

La première vérité d’un tableau, d’une sculpture, d’une photo, bref la beauté de l’œuvre d’art, s’exprime dans le corps de la proposition plastique qui renvoie à cette quête de ravissement à mettre en partage avec une sensibilité, une efficacité, une puissance. Mais comment ne pas ressentir les émanations qui, à travers cette attractivité parfois douce et parfois rude, suggèrent, soulignent, mobilisent les éléments du réel, et finalement situent l’œuvre dans l’espace et le temps. Les courants ne se prescrivent pas. Ils se forment au croisement des contributions variées de créateurs individuels pris dans le cycle de l’invention du quotidien. Ils se formalisent par les effets de synthèse des théoriciens soucieux de sous-titrer le film du temps-qui-passe en des séquences plus ou moins évidentes. Ils se consolident par les collectionneurs et les professionnels qui en prennent acte.

Yacouba Konaté, Président d’ABAC
Aujourd’hui, les arts traditionnels africains comptent au nombre des expressions plastiques mondialement reconnues. Leur entrée remarquée dans les plus grands musées du monde témoigne de leur intérêt scientifique tandis que les surenchérissements dans les plus prestigieuses salles de vente du monde portent l’évidence de leur valeur marchande.

Les œuvres concernées se répartissent sur l’ensemble au continent. Dans cette répartition générale, Ia Côte d’Ivoire tient une place importante.
Souvent référenciés par les grands maîtres de l’art moderne dont les cubistes, les statuettes et les masques wé, dan, sénoufo, baoulé peuvent se revaloir d’avoir influencé les formes du renouvellement de l’art occidental au début du XX siècle. L’opinion selon laquelle l’histoire de ces formes culturelles est close et achevée, est aussi courante que fausse. En effet, le type de statuettes dit « colon » s’est développé comme une métamorphose intimement liée à l’histoire de la statuaire en Côte d’Ivoire.

Le terme « art colon» traîne une connotation impérialiste et pour cette raison a été parfois récusé.
Mais force est de reconnaître que le terme d’art colon reste toujours en usage. Cette exposition veut en présenter quelques moments à travers des pièces importantes.

Son objectif est de contribuer à la documentation et la promotion de cette forme d’expression dont l’un des mérites consiste à rappeler que les arts traditionnels ne vont pas sans évolution et modernisation.

Les Baoulé qui produisent l’essentiel des œuvres ainsi désignées, usent de métonymie et parlent de «blôlô» ce qui signifie « l’au-delà ».
« Blolô bian » pour les personnages masculins, « blôlô bla » pour les dames. D’un point de vue strictement quantitatif, on trouve quatre fois plus de personnages masculins que de reproduction de femmes. On peut parler d’évolution colon en ce sens que ce style d’écriture procède d’une évolution de la sculpture classique africaine.

Les évolutions colons représentent d’une manière générale des personnages blancs ou noirs vêtus selon le mode de vie occidental. Le style est léger et élégant.
Les personnages sveltes ont les traits fins. Se tenant debout, ils restent dans les proportions des sculptures baoulé classiques, entre 25 et 80 cm. Les canons de la sculpture traditionnelle se retrouvent également dans les constantes suivantes : la taille de la tête qui reste grosse, l’étroitesse du buste et son élongation, la position des bras collés au buste.

D’un point de vue historique, le moment « colon » témoigne du remplacement tendanciel des attributs vestimentaires africains par des habits et des accessoires européens qui vont du seul chapeau ou des chaussures ou sandales au complet costume cravate, sans oublier les lunettes. Dans la composition de ces sculptures, la récurrence des thèmes du casque colonial d’une part, de l’uniforme militaire d’autre part, rappelle le contexte d’émergence de la statuaire colon. En cela, la statuaire fonctionne comme un marqueur historique et sociologique. Elle représente et prolonge le moment de la fascination des populations africaines des « parures » occidentales.

On doit à Suzanne Vogel, l’une des premières interprétations décisives des statues colon. Cette anthropologue américaine qui fit des recherches de terrain en Côte d’Ivoire de 1965 à1968, est l’un des premiers chercheurs à analyser la statuaire baoulé traditionnelle, selon la grille de lecture des « époux de l’autre Monde”. Dans un article célèbre « Beauty in the eyes of the Baoule » publié dans une revue universitaire américaine en 1980, elle explique que les statues baoulé, qu’on considérait jusqu’alors – et on ne se privait pas de l’écrire – comme des représentations d’ancêtres, étaient en fait de deux natures : d’abord les époux de l’autre monde dit «blôlo», ensuite les génies de la brousse dits « Assié Usu». Suzanne Vogel démontre que ces deux types de statues sont produits selon des canons esthétiques dont I ‘objectif constant reste la recherche d’une beauté maximale. Cette beauté n’était pas recherchée en soi, mais pour un motif beaucoup plus pragmatique et motivant : mieux apaiser I’esprit auquel la statue est destinée.
Sans occulter l’importance de l’art des cours royales, l’art africain s’est développé dans les villages. L’œuvre de l’artiste était l’expression d’une transcendance de la vie quotidienne. En plus des évolutions locales à travers les âges, l’extraordinaire richesse de l’art « traditionnel » africain vient de l’hétérogénéité des cultures et des ressentis tant individuels que collectifs.

Durant les deux premiers tiers du XXe siècle, le choc de la rencontre entre l’Afrique et l’Europe – qu’il s’agisse d’un choc culturel et artistique ou du choc de la marchandisation de l’œuvre d’art – a constitué une source d’innovation artistique couramment appelée Art de Transition mais encore peu étudiée.

La fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle permettent d’admirer le génie artistique et l’originalité d’artistes nés après les indépendances de leurs pays d’origine. L’art contemporain africain est le produit aussi bien d’une libération des esprits que de la mondialisation.

Pour appréhender cette richesse, ABAC a entrepris la mise en place d’un registre universel des œuvres réalisées par des artistes africains.
Les propriétaires sont invités à déclarer leurs œuvres d’art africain via le site runabac.art. Le public a un accès libre à une photo de chaque œuvre avec sa référence. Pour un abonnement annuel modeste, il a accès à des données complémentaires. Le nom des propriétaires restera confidentiel.

INSCRIPTION À LA VENTE EN SALLE​

Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire - 30 mai 2024 à 18h30

La participation à cette vente privée est gratuite mais l’inscription est obligatoire. Le formulaire ci-dessous vous permet de faire une demande d’inscription. Les places étant limitées, une demande peut être impossible à satisfaire. Si celle-ci est validée, un carton d’invitation vous sera envoyé par mail et demandé à l’entrée de la salle. Si vous ne pouvez pas être présent le jour de la vente, mais que vous souhaitez déposer un ordre d’achat, merci de nous contacter par mail à contact@abac.art en précisant le(s) lot(s) concerné(s).